19.05.2008

Le retour des émigrés

Et hop! Voilà que son altesse Nombril 1er envisage, nous a-t-il dit depuis Tunis, d'instaurer des députés représentants les français expatriés à l'étranger. Depuis 1982, nous dit le JDD, il y a déjà 12 sénateurs censés représenter ces quelques 2,3 millions de français de l'étranger. Ce que l'histoire ne dit pas, c'est si le droit de vote de ces gens qui ont aux yeux de l'Agité élyséen l'immense mérite d'avoir voté pour lui à 53,99% au premier tour de la présidentielle, sera conditionné au fait qu'ils payent au moins quelque impôt en France. Car, que ces gens élisent le président, passe encore. Qu'ils élisent en outre quelques vieillards de plus ou de moins au Sénat, passe aussi. Mais que les amis émigrés, les Johnny Hallyday et autres évadés fiscaux puissent ne serait-ce qu'un instant contribuer à l'élection des députés, ceux là même qui votent...l'impôt, ce serait une superbe forme de retour "décomplexé" à l 'Ancien Régime.

 

A propos de notre recherche d'un sobriquet élyséen, en remplacement de Minibush (appelé à disparaître à l'occasion du départ de G. W.Bush de la présidence US), continue. Pour rappel, ont ici été suggérés ou évoqués: Berluscozy, Polichinelle, le Rodomont, Passepartout, Little Fat Man, l'Agité, le Court. N'hésitez pas à contribuer, il y a toujours un stage à la chaudière à gagner!!!!

Etrun 

 

 

07.04.2008

Moi y'en a vouloir des sous

« René Dosière, député socialiste de l'Aisne, a mené l'enquête pendant cinq ans. De 2001 à 2006, il a utilisé l'une des armes des députés, la question écrite, qui contraint les ministères à répondre aux interrogations des parlementaires dans un délai de trois mois. En tout, le député aura posé 95 questions. Son travail a fait l'objet d'un livre : "L'argent caché de l'Elysée", chez Seuil.

A plusieurs reprises dans votre livre, vous qualifiez le président de la République française de monarque. Pourquoi ?
Je dirais même qu'il est un monarque absolu. Ce qui est le plus extraordinaire, et même sidérant, c'est que le Président fixe lui-même le montant du budget de l'Elysée, qu'il utilise selon son bon plaisir sans aucun contrôle, et qu'il fixe également le montant de son traitement.

Pourquoi les députés acceptent-ils cela depuis des décennies, y compris dans votre camp ?
C'est très curieux. J'y vois trois raisons. D'abord une sorte de révérence à l'égard du président de la République, qui fait que certains sujets, certaines questions ne se posent pas, et en particulier si elles touchent à l'argent. Tout le monde se disait que, traditionnellement, ce sujet ne devait pas être abordé. De mon côté, je me suis dit que cette tradition n'était pas vraiment respectable. Deuxième raison : au fond, on savait très bien que le budget de l'Elysée, comme celui de l'ensemble de la politique à une époque, était plutôt obscur, pas forcément "respectable", et qu'il ne valait mieux pas en parler. Enfin, les députés font leur travail, mais, disons..., pas toujours jusqu'au bout. Maintenant que cette situation est connue, elle n'est plus tolérable.

Justement, est-ce que vos révélations ont fait évoluer la situation ?
Oui. Déjà, le sujet du budget de l'Elysée est discuté à l'Assemblée nationale, et le rapporteur de la commission des finances se sent obligé de poser des questions. L'Elysée a lui aussi fait quelques pas en avant, en fournissant un rapport, certes succinct, sur l'utilisation de ses moyens. Enfin, depuis 2003, l'augmentation du budget est très faible d'une année sur l'autre, de l'ordre de 1,5%. Il a même légèrement baissé en 2007. Et cela alors que pendant douze ans, il a été multiplié par neuf. La pratique qui consistait à doubler le budget en cours d'année a également disparu.

Vous avez calculé que le budget réel de l'Elysée s'élevait à environ 90 millions d'euros. Est-ce trop, même pour une telle institution ?
Je ne suis pas vraiment en capacité de vous répondre, puisque comme ce calcul est fait pour la première fois, je n'ai pas de référence passée. Cependant le budget voté à l'Assemblée est passé en quelques décennies de 3 à 32 millions d'euros. Cette hausse est forcément excessive. Je pense que l'on peut donc légitimement réduire de 25 à 30% le budget. Il faut que l'Elysée explique ce qu'il fait de cet argent. La transparence et le contrôle sont non seulement limitateurs de dépenses mais surtout ils stopperaient toute suspicion à l'égard de la présidence. »

Itw copiée du Journal du Net.

Le combat de René Dosière est juste. Cependant, il faut apporter quelques précisions : le budget de l’Etat n’est pas passé de 3 à 32 ME. Il se trouve que par usage plusieurs ministères payaient des dépenses d’Etat et que ces dépenses ont été (en partie) réintégrées en 2005 : La Culture paye l’entretien de l’Elysée, les Affaires Etrangères payent les déplacements du Chef de l’Etat à l’étranger, l’Intérieur paye les fonctionnaires de la sécurité, etc. Mais, malgré cette « réintégration » des dépenses, les ministères ont continué à contribuer. D’où le chiffre de 90 millions (82,5 en fait, dans d’autres déclarations de Dosière).

A son arrivée à l’Elysée, Sarkozy, dans sa volonté de transparence, a décidé d’intégrer TOUTES les dépenses, en pratiquant au passage une augmentation de près de 20% puisqu’il a décidé du chiffre de 100 millions d’euros par an (cela tient compte de son augmentation de salaire perso, évidemment).

En Finlande, pays Euro, la Présidente de la République et sa secrétaire tiennent des comptes scrupuleux entre dépenses privées et dépenses de fonctions, comme faisait le Général quand il payait lui-même ses timbres ou les repas de sa famille à l’Elysée. En Finlande, n’importe quel contribuable qui demande par écrit le montant d’une dépense (réception, voyages, etc.) ou le salaire d’un fonctionnaire reçoit une réponse de la Présidence. En effet, une loi oblige le Chef de l’Etat à rendre compte des dépenses à chaque contribuable qui en fait la demande. Résultat, l’Etat Finlandais publie ses comptes tous les ans. C’est le pays de la zone euro dont le taux de corruption est le plus faible.

Alors voilà, il se pose deux problèmes : nous n’avons pas de Loi pour demander des comptes au Président, il fixe et gère son budget exactement comme il l’entend et ça, depuis VGE. Et le deuxième point, c’est que sur 100 millions (au lieu des 82,5 sous Chirac), ça m’étonnerait qu’il ne soit pas possible de faire quelques économies…

Monsieur Dosière a largement était raillé par la droite évidemment, mais aussi par la gauche, pour son cheval de bataille. Copé avait surnommé ses interventions à l'Assemblée le "quart d'heure Dosière". Dosière a été réélu député l'année dernière et je n'ai pas trouvé traces de récentes questions parlentaires depuis. Dosière, je vous le rappelle, député de Laon, a été exclu du PS par François Hollande, car il a refusé les résultats du vote à l'investiture (il perdait à une voix près contre un candidat "issu de la diversité" et il s'est présenté quand même aux législatives.)

Quoi qu'il en soit de ses mésaventures, les parlementaires ne devraient pas lâcher le morceau sur les comptes de l'Etat. S'il ne le font pas, qui le fera?

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