11.07.2008
Cambriolages et espionnite
Touchant de voir ce matin comme les journaux autobranchés en permanence sur la source élyséenne afin de narrer par le menu le train de réformes évidemment époustouflant qu'inflige à la France l'ex-maire de Neuilly et de répandre au jour le jour le souffle fulgurant de l'épopée nanoprésidentielle - le dossier d'ouverture du Parisien du jour est en ce sens un mausolée de flagornerie à la gloire de Nombril Ier, dont on jurerait qu'il a été écrit à distance par l'immense Jean-Marc Plantade, ex-journaliste au Parisien devenu porte-micro de Christine Lagarde, dossier qui tombe à pic pour révéler le désir liminal du groupe Amaury de se "placer" dans la course au dépeçage de France 3...- touchant, disais-je, de voir comme ces journaux découvrent soudain dans la bouche de leurs contacts à l'Elysée (dont on donne de plus en plus rarement les noms, tu noteras, lecteur) qu'un des cambriolages de Ségolène Royal aurait été commis par une jeune femme d'origine étrangère. Ce "détail" étant censé signifier qu'il ne peut à 'évidence s'agir d'une affaire politique et que celle qui inventa le mot "bravitude" fait certainement preuve d'une attaque de parano aigüe.
Deux questions, tout de suite. Que ne l'a-t-on appris avant? C'est donc l'Elysée qui fait le point de presse sur les enquêtes policières maintenant? Michèle Alliot Marie va peut être pouvoir se passer des services de son encombrant porte-parole, l'immense Gérard Gachet, lui aussi ancien journaliste, mais au Figaro, amateur de Johny Hallyday mais aussi ex-membre du Parti d'extrême droite dit " des Forces Nouvelles"...
A moins que "l'Elysée", comme on dit, n'ai pas aimé du tout que Ségolène Royal estime être victime d'une "affaire politique". Pourtant, ces cambriolages de la candidate socialiste aux présidentielles n'ont évidemment rien à voir avec l'enquête, en pleine campagne présidentielle, des RG sur son conseiller Bruno Rebelle, rien de commun avec les micros dans la voiture de Bernard Thibault, rien de semblable à l'espionnage dont a été l'objet Olivier Besancenot, rien de parallèle avec les cambriolages des appartements de l'éditeur et d'un rédacteur de la biographie de Zizou. Non, non, non. Vous faites erreur. La monocratie est en marche, mais tout ne se décide pas (encore) à l'Elysée. Si vous avez l'impression que les monte-en-l'air et les officines barbouzardes prolifèrent sous le règne de Nombril Ier comme les lénifiantes déclarations de non-grossesse de madame sarkozy dans la presse populaire, comme les procédures pour outrages à agent ou comme les dictateurs sur les Champs Elysées en ce 14 juillet, c'est sans doute que vous n'êtes qu'un pauvre hère qui ne mérite qu'un monocratique "casse toi, pauv' con".
Etrun
PS: Rien à voir, non plus, avec les deux cambriolages dont a été victime Leila Bouachera, ancienne du RPR et de l'UMP, chargée de mission au CSA qui avait tenté d'être candidate aux présidentielles de 2007. Dans le Parisien du 10 juillet, elle explique pourquoi elle n'a pas porté plainte: "ça ne servirait à rien. Tout le monde tourne en ridicule Ségolène Royal. Lorsqu'une femme s'exprime pour oser dénoncer la mainmise du clan Sarkozy, on la considère comme quasi folle...C'est scandaleux". Elle ajoute: "Par contre, je déposerai plainte contre Nicolas Sarkozy pour détournement de fonds publics à l'époque où il était ministre de l'Intérieur. Je le ferai prochainement devant la doyennes des juges d'instruction du pôle financier du tribunal de Paris".
11:26 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cambriolage, segolene royal, zizou, thibault, bezancenot















