19.02.2008
Feuilleton
Un fait certain : Cécilia a donné le sms au « Nouvel Obs » pour se venger de Carla. Et par dessus elle, de Nicolas.
Très blessée par l’affaire Closer et sa couverture comparative, Cécilia n’attendait qu’une chose depuis : rétablir la vérité sur ce que Nicolas éprouvait pour elle. Et surtout : renverser la vapeur médiatique en reléguant définitivement Carla au rang de bouche trou officiel de la République.
Alors, si grâce aux photos de Closer, Carla était en passe de devenir aux yeux de tous l'élue compréhensible car super bien gaulée (Cécilia à coté faisait déchet) depuis l’affaire du sms, Cécilia a repris toute sa place dominante de femme fatale qui rend dingue et qu’on oublie pas.
Une femme qui marque ses amants et qui l’annonce tout net: après elle, le déluge. Et mille top models ne pourront jamais changer ça, semble nous crier le sms…
Le déluge de l’après Cécilia, Nicolas est en train de le vivre secrêtement. Depuis qu’il l’a perdu, c’est un peu comme si plus rien n’avait de saveur dans sa vie.
Avec elle, il s'était construit. Elle était sa muse, sa confidente, son coach. Confiance mutuelle. C'est elle qui l'avait aidé à atteindre les sommets.
Sans elle, c’est le vide existentiel. Le « à quoi bon ? ». On le dirait proche de l’infarctus. Mourir. Nicolas est triste. Malheureux.
Il y a des femmes comme ça qu’on n’efface pas. Parce qu’elles vous ont fait. Parce qu’elles vous ont reconstruit. En quelque sorte… Parce qu’elles ont dépassé maman en vous donnant naissance une seconde fois.
Et le jour où elles vous quittent, c’est comme ça : tout s’écroule.
Carla, depuis cette affaire du sms, est écoeurée. Derrière l’apparente sérénité bourgeoise, lisez la haine qui s’installe.
Elle a beau essayer de ne pas y croire et Nicolas a beau user des mots « faux, usage de faux » comme pour souligner l’inexistence de ce message, ce sms existe bien et ils le savent tous les 3.
(Carla un peu moins tout de même que les 2 autres mais Carla n’est pas naïve)
Heureusement pour leur couple, Nicolas sait parfaitement mentir et donner le change (il l’a prouvé du temps de Cécilia avec ses dizaines de maîtresses) et Carla sait apprendre à aimer le mensonge de l’homme qu’elle a décidé d’aimer.
Donc, Carla, malgré les humiliations (la bague violette* identique à celle de Cécilia, les voyages dans les endroits préférés de Cécilia) restera.
Il faut dire aussi qu’elle n’a pas trop le choix. Vu le contexte affligeant, le quitter reviendrait tellement à admettre qu’elle n’a pas été aimé par cet homme et qu’elle n’a servi que de… Impensable pour elle !
Humiliant.
Carla la perfectionniste, ne pourra jamais sortir de scène sur une défaite si monstrueuse. Dans sa tête, un défi : Nicolas l’aimera. Elle attendra patiemment qu’il s’attache à elle, qu’il ne puisse plus se passer d’elle. Et quand ça arrivera, il paiera pour ces hontes qu’il vient de lui faire subir. Elle le quittera sans remords. Comme Cécilia l’a quitté sans remords après avoir découvert les joggings…
Pour l’heure, Carla veut être légère et amoureuse. Y croire. Alors, elle zappe. Carla a besoin d’aimer ces derniers temps. Artificiellement s’il le faut, mais aimer.
Par ailleurs, elle s’accroche d’autant que la situation lui plait. Ce rôle de première dame l’excite à mort. Le pouvoir, l‘aventure, marquer les mémoires et l’Histoire de France… Des axes fondamentales pour elle. Carla aime le pouvoir, la politique et aime l’idée d’avoir un destin. Grisant. Pour arriver à ce destin, elle passera pardessus tous les cadavres. C’est une bonne chose pour la France.
Carla saura intelligemment (c’est une femme de gauche) influencer Nicolas.
C’est ainsi notamment que la culture et les arts seront respectés ces cinq prochaines années. Autant qu’il se pourra en tout cas. Vous le croirez ou non : Carla marquera et fera du bon. Elle sera le cheval de Troie dans le gouvernement. L’ouverture à gauche, c’est elle qui l’incarnera. Mieux que Kouchner, mieux que DSK. Mieux que personne.
Pour l’instant, elle regarde, elle observe. Elle définit son champ de manœuvre. Elle apprend les enjeux. Elle s’installe aussi, fait ses marques. Viendra bientôt l’heure de son travail. Il sera beau. C’est une perfectionniste et une raffinée. Une intelligente qui sait ce que la politique induit sur les peuples. Une femme de conscience.
Ce qui ne l’empêchera pas d’amener l'ultime scandale car les scandales, Carla y est abonnée... Et Nicolas paiera de ne pas l’avoir aimé tout de suite.
« Immédiatement »… Carla aime ce mot en amour.
Sur les sentiments, c’est une femme qui veut de l’immédiat.
Paradoxalement pourtant, Carla n’aime que les hommes déjà pris avec qui « l’immédiat » est évidemment difficile, voir impossible…
Le problème pathologique de Carla : le syndrome du lit tiède. La jeune femme ne peut jamais s'empêcher d'être attirée par les hommes fraîchement séparés, voir encore mariés si possible. Ceux qui ont en eux, une autre femme qu’elle cherchera à détrôner.
En fait, plus la situation pose le chiffre 3 (elle, lui et une autre en arrière fond), plus elle aimera follement.
Les zones masculines où l'odeur d’une femme traîne encore, l’excitent et lui font perdre la tête. Carla aime le challenge, la compétition. Et surtout, se glisser dans le lit qu'une femme vient à peine de quitter lui donne des ailes.
Même lui, crée son amour !
C’est sa condition pour tomber amoureuse : il lui faut une fille dans l’histoire. Une tierce, miroir. D’ailleurs, si Nicolas n’avait pas Cécilia en tête, jamais elle ne l’aurait envisagé. Au vue de la ressemblance physique avec son ex femme, on est en droit de penser que Nicolas lui aussi ne l’aurait pas remarqué si elle n’avait pas cet air de « déjà vue ».
Quoi qu’il en soit pour Nicolas, le fait qu’il soit toujours amoureux de Cécilia, obsédé par elle même, est totalement à l'origine de l'amour que Carla porte à cet homme.
Grâce à Cécilia qui fait barrage entre eux, comme une mère toute puissante aux yeux de Carla, Nicolas devient « l’inaccessible Graal ».
Et par rebond systémique, puisque l’amour de Nicolas est inaccessible alors, il ressemble à l’amour impossible du père. En fait, des années d'analyse et toujours le même problème pour elle : la rivalité avec l'autre femme pour obtenir l’amour paternel. Une forme d’oedipe mal résolu avec la mère. Qui s’est rejoué dramatiquement avec la sœur par la suite en soulignant l’impossibilité.
Carla porte en elle de gros problèmes d'ego, une blessure narcissique béante. Toute petite, elle l’a senti, son premier père ne l'a jamais aimé comme il a aimé sa soeur Valeria (sa vraie fille).
Valeria la chouchoute et Carla le second rôle.
Elle a eu beau tout faire pour détrôner sa sœur, rien n’y a fait. Valeria était plus vivante, plus fine, plus exubérante, plus délirante, plus belle. Celle qu’on aime follement.
Carla l’hyper conformiste. Carla la trop sage. La terne. Celle qui cherche trop à se faire aimer. La besogneuse… Son père malgré les mots, malgré les apparences ne l’a jamais admis comme sa seconde fille et ne l’a jamais vraiment aimé. Elle lui rappelait trop l’amant…
Carla n'a su que bien plus tard la raison réelle du désamour de son père : issue d'une liaison de sa mère avec un autre homme, Carla était une bâtarde.
Ainsi le drame en elle est née durant cette petite enfance et continue son chemin aujourd’hui, à l’âge adulte.
Car au fond d'elle, reste la blessure originelle. Depuis, pour tenter de réparer l’affront paternel, Carla a décidé d’être aimé « immédiatement » par le monde.
Elle s'est fait sa chirurgie esthétique pour rectifier la mocheté de son visage puis, elle est devenue mannequin. Adulée.
Pourtant malgré la gloire esthétique et l’immédiateté des clichés, quelque chose continue de clocher.
Le drame paternel agît toujours sur elle. Carla rejoue systématiquement le rôle de son enfance. Que Nicolas va lui permettre de rejouer d’ailleurs. Car Nicolas deviendra son papa. Celui qui ne l’aimera jamais vraiment… Même s’il la protège.
Cet échec affectif, elle ne supportera pas. Et son premier travail à l’Elysée sera de se faire aimer de lui. Si possible le rendre fou.
Car comme Cécilia, Carla est une fille qui veut marquer. Sauf qu’elle ne marque pas. Quelque chose fait que ça ne marche pas dans son cas.
Carla, on ne l'aime jamais vraiment. Hormis les laiderons type bertignac qui rêvent d'avoir un top model accroché à leur bras pour soigner leur égo ou les homos qui se servent d’elle comme appât à hétéro.
En dehors de ces deux profils, son amour est tellement besogneux, tellement déplacé. Tout est tellement travaillé... Tellement organisé. Sans relâche. Carla est une fille qui déçoit. Même au lit. Elle ne se lâche jamais, toujours en représentation. Une reine d’Angleterre qui salue.
Nicolas le sait et Nicolas s’ennuie. Elle le distraie mais au fond, il manque quelque chose dans sa vie : Cécilia.
Nicolas, à cause d’elle, a la victoire amère. La présidence ne l'intéresse d’ailleurs déjà plus. Il a compris aujourd’hui. Au fond : ça n'est pas le but qui l'excite mais les moyens d'y parvenir.
Là, il s'est dépassé, il a transcendé sa carrière. Aujourd’hui, il n'y a plus de challenge. Plus de Cécilia non plus. Il s'emmerde déjà et ça lui fait peur, ce vide.
Vide qu'il attribue grandement au départ de son grand amour. Avec Carla il se demande ce qu'il est en train de faire. Feel depress. Il ne sait pas trop lui-même, il se laisser porter, il est épuisé. Cette fille a tellement besoin d’un père. La protéger. Il se fait chier aussi. Et puis son pouvoir est tellement limité finalement. En fait, rien ne vaut l’argent. Se distraire ? oui. Oublier. Alors pour oublier Cécilia, il l’habille comme Cécilia… Et Carla pour oublier son père, l’habille comme son père.
L’un et l’autre vont rejouer leur histoire intime et les media les aideront à tout mettre en scène et rendre limpide les enjeux.
Aujourd’hui, ils espèrent une fille mais qui sait ce qu'il auront ? Sans doute un garçon ? Déception. Tout n’est que déception pour ce couple. Pfff… Heureusement l’un comme l’autre auront l’art comme ultime défouloir quand tout ceci sera finit. La belle mascarade enfin ruinée, Carla reprendra la guitare et Nicolas, qui a toujours voulu être un artiste, envisagera sérieusement sa reconversion au cinéma.
En attendant, faire de l’argent pour lui et de la politique pour elle. Chacun ses projets.
* Elle a quand même décidé de ne plus jamais porter la bague violette…
Esther.
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